Les causes de l'insécurité sont multiples et se combinent différemment selon les territoires. Il faut aussi distinguer deux réalités qui ne se recouvrent pas toujours : la délinquance effectivement constatée et le sentiment d'insécurité, qui dépend autant de l'environnement que des faits.
Un sujet complexe
Le sentiment d'insécurité et la délinquance réelle ne se recouvrent pas toujours. Les chiffres officiels, publiés par le ministère de l'Intérieur, permettent de suivre les évolutions.
Le service statistique du ministère de l'Intérieur publie chaque année des données sur les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie. Ces chiffres ne mesurent que ce qui est déclaré : une partie des faits n'est jamais signalée. C'est pourquoi les enquêtes de victimation, qui interrogent directement un échantillon de la population sur ce qu'elle a subi, complètent ces statistiques. Le sentiment d'insécurité, lui, se mesure par des questions sur la peur ressentie dans le quartier ou dans les transports, et il réagit aussi à l'éclairage, à la propreté, aux incivilités et à l'actualité.
Des causes multiples
Les spécialistes citent des facteurs sociaux, économiques, urbains et éducatifs, dont le poids varie selon les territoires.
Parmi les facteurs régulièrement évoqués figurent la précarité et le chômage, la concentration des difficultés dans certains quartiers, le décrochage scolaire, les trafics, mais aussi l'aménagement urbain, quand des espaces mal éclairés ou mal entretenus favorisent les comportements à risque. Aucun facteur n'explique seul la délinquance, et les chercheurs débattent du poids respectif de chacun. Les situations diffèrent beaucoup entre une grande agglomération, une ville moyenne et une zone rurale.
Le rôle des pouvoirs publics
La sécurité publique relève de la police, de la gendarmerie et des polices municipales ; la prévention associe aussi collectivités, associations et écoles.
Les communes disposent d'instances de coordination qui réunissent le maire, les forces de l'ordre, la justice, les bailleurs sociaux et les associations pour élaborer des actions de prévention. Les éducateurs de rue, la médiation sociale et les dispositifs de soutien scolaire participent à cette prévention, moins visible que la présence policière mais déterminante dans la durée.
La sécurité privée en complément
Gardiennage, surveillance électronique et contrôle d'accès protègent des sites précis, sans se substituer aux forces de l'ordre : voir pourquoi faire appel à une société de gardiennage.
Les agents de sécurité privée n'ont pas les pouvoirs de la police : ils surveillent, préviennent, alertent et peuvent, comme tout citoyen, retenir l'auteur d'un flagrant délit en attendant les forces de l'ordre. Leur activité est encadrée par le Code de la sécurité intérieure et contrôlée par le CNAPS. Ils interviennent sur des lieux précis, commerces, sites industriels, immeubles de bureaux, événements, à la demande d'un client. Les missions d'une société de gardiennage et leur cadre légal en précisent les limites.
L'état des lieux
Voir notre article sur l'insécurité en France.
Se protéger
Serrures, éclairage, alarme et vigilance entre voisins restent des gestes simples.
Une porte d'entrée solide, des fenêtres fermées en cas d'absence, un éclairage extérieur à détection et une alarme bien utilisée découragent une bonne partie des cambriolages. La police et la gendarmerie proposent l'opération tranquillité vacances, qui permet de faire surveiller son logement pendant une absence, sur simple inscription auprès du commissariat ou de la brigade. Les dispositifs de participation citoyenne, mis en place dans certaines communes en lien avec la gendarmerie, associent aussi les habitants à la vigilance de leur quartier.
Sécurité publique et sécurité privée : la frontière
La frontière entre les deux est fixée par la loi. Les missions de police judiciaire, les contrôles d'identité, l'usage de la contrainte et les enquêtes relèvent exclusivement de l'État. La sécurité privée intervient dans un cadre contractuel, pour le compte d'un client, sur un lieu défini. Les deux se coordonnent lors des grands événements ou dans certains lieux sensibles, mais l'agent privé ne remplace jamais le policier ou le gendarme : en cas d'infraction, il alerte et transmet. Pour comprendre ce métier, les conditions pour devenir agent de sécurité détaillent formation et carte professionnelle.















