SSIAP et sécurité incendie

Deux métiers coexistent dans un même bâtiment et se confondent souvent dans le langage courant : l'agent de surveillance, chargé de la sûreté, et l'agent de sécurité incendie, chargé de la sécurité des personnes face au feu. Les qualifications ne sont pas les mêmes, et elles ne se remplacent pas.

Deux titres, deux logiques

La carte professionnelle délivrée par le CNAPS autorise l'exercice des activités de surveillance et de gardiennage. Elle relève de la lutte contre les actes de malveillance : vols, intrusions, dégradations.

Le SSIAP est une qualification, obtenue après une formation dédiée, qui porte sur la prévention et la gestion du risque incendie. Les deux sont indépendantes : un agent peut détenir l'une sans l'autre, et beaucoup de postes exigent effectivement les deux.

Les trois niveaux

Le premier niveau correspond à l'agent de service. Il assure les rondes, vérifie les moyens de secours, exploite le système de sécurité incendie et intervient sur un départ de feu naissant.

Le deuxième niveau est celui du chef d'équipe. Il encadre les agents, gère le poste central de sécurité et prend en charge la coordination pendant l'évacuation, dans l'attente des secours publics.

Le troisième niveau est celui du chef de service. Il assure le suivi réglementaire de l'établissement, la tenue du registre de sécurité et l'interface avec la commission compétente. On le rencontre dans les grands établissements recevant du public et les immeubles de grande hauteur.

La qualification se perd si elle n'est pas entretenue. Un recyclage périodique est requis, et une interruption prolongée d'activité impose une remise à niveau avant de reprendre un poste.

La règle que les donneurs d'ordre oublient

Un agent affecté à un poste de sécurité incendie ne doit pas être détourné de cette mission pour d'autres tâches. Lui confier l'accueil, la surveillance d'une caisse ou le contrôle d'accès pendant son service revient à laisser le poste incendie sans titulaire réel.

Cette confusion apparaît régulièrement dans les cahiers des charges rédigés à la hâte, où l'on additionne les missions sans compter les agents nécessaires. Elle a un coût le jour du contrôle, et un tout autre coût en cas de sinistre.

C'est un point à vérifier au moment de définir les missions confiées à un prestataire, et un critère de sérieux lorsqu'on compare des offres. Pour les candidats, la double qualification élargit nettement les possibilités, comme le montre notre page sur l'emploi dans la sécurité.

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